« Fake news » : les locataires particuliers ont le droit de stopper le paiement de leur loyer !

C’est totalement faux ! L’idée est sans doute venue du fait que les grands bailleurs commerciaux ont été fortement incités par le Gouvernement à accorder des différés de paiement à leurs locataires. Une mesure officielle de report du loyer possible pour les commerçants a même été annoncée le 16 mars, mais circonscrite et à détailler dans les prochains jours. Cela découle d’une certaine logique : les commerçants obligés de fermer boutique vont souffrir d’un chiffre d’affaires (CA) en forte baisse. Et les assurances couvrant une baisse du CA sont rarement souscrites car trop onéreuses… Les locataires de murs de boutiques ou de surfaces commerciales vont donc réellement avoir des soucis de trésorerie pour honorer les loyers.

Mais la situation est différente pour les locataires particuliers ! Même obligés de cesser le travail, la majorité d’entre eux va bénéficier du chômage partiel (des fonds importants ont été débloqués par les Pouvoirs publics en ce sens) et donc être à même de payer leur loyer, comme d’habitude. Bien sûr, il y a des exceptions : les libéraux et les indépendants sont sans doute moins bien protégés, bien que l’Etat leur propose un chèque de 1.500 € pour les soutenir. Pour ces locataires, et à leur demande, les bailleurs peuvent peut-être reculer le paiement d’une partie du loyer… Mais n’oublions pas que les bailleurs aussi, ont des contraintes, en particulier ceux qui ont un crédit à rembourser !

Mais, dans la très grande majorité des cas, il n’y a donc aucune raison pour que les problèmes de paiement du loyer soient plus importants que d’habitude, côté locataires.

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Dans ce contexte, la demande de la Confédération nationale du logement (CNL) de suspendre les loyers pendant la crise ou de mettre en place un paiement partiel (par exemple, un locataire ne touchant que 80 % de son salaire ne paierait que 80 % de son loyer) n’a pas de sens. Les bailleurs ne sont pas indifférents aux problèmes éventuels de leurs locataires… mais eux aussi subissent la crise et doivent affronter des problèmes de trésorerie.

Il s’agit donc de rester raisonnable en ne déséquilibrant pas les rapports entre les deux parties. L’une et l’autre a ses problèmes, mais aussi ses solutions à trouver (mensualité de crédit reportable pour les bailleurs – nous y reviendrons prochainement – et aides à solliciter auprès de différents organismes, pour les locataires / se renseigner auprès de l’ANIL), sans passer par des voies inappropriées comme la suspension des loyers !

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