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Législation

Facturation électronique : quels bailleurs sont concernés au 1er septembre 2026 ?

La facturation électronique devient obligatoire au 1er septembre 2026, mais le bailleur particulier en location nue n'a rien à faire : pas de plateforme à choisir, pas de facture structurée à émettre, la quittance reste une quittance. Seuls le loueur en meublé immatriculé, la para-hôtellerie, les locaux professionnels avec TVA et les SCI assujetties sont concernés — voici comment trancher votre situation en dix minutes.

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Facturation électronique : quels bailleurs sont concernés au 1er septembre 2026 ?

Vous gérez votre location nue en direct — bail signé, dossier du locataire vérifié, caution solidaire en place, quittances envoyées chaque mois — et l’été 2026 a semé le doute partout : à partir du 1er septembre, la facturation électronique devient obligatoire en France. Faut-il choisir une plateforme agréée ? Transformer vos quittances en factures électroniques ? Transmettre vos loyers quelque part ?

Vous avez raison de vérifier : c’est l’une des plus vastes bascules administratives de la décennie, et selon Bercy plus de 10 millions d’assujettis à la TVA sont concernés. Mais « entreprise assujettie à la TVA » ne veut pas dire « bailleur », et encore moins « bailleur particulier en location nue ».

Voici ce que la loi impose réellement au 1er septembre 2026, qui est concerné parmi les propriétaires, ce que coûte un manquement pour ceux qui le sont — et, pour les autres, la confirmation écrite qu’ils n’ont rien à faire.

Le 1er septembre 2026, ce sont les entreprises assujetties à la TVA qui basculent

La réforme n’est pas née cet été : elle trouve sa source dans l’ordonnance n° 2021-1190 du 15 septembre 2021, reprise par l’article 26 de la loi du 16 août 2022 puis codifiée à l’article 289 bis du Code général des impôts. Après les reports votés dans la loi de finances pour 2024, le décret n° 2024-266 du 25 mars 2024 a fixé le calendrier définitif : le 1er septembre 2026, puis le 1er septembre 2027.

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Ce que la loi impose tient en deux obligations distinctes. D’abord, recevoir : à partir du 1er septembre 2026, toute entreprise établie en France et assujettie à la TVA doit être en mesure de recevoir les factures de ses fournisseurs au format électronique structuré, en passant par une plateforme agréée par l’administration fiscale. Ensuite, émettre : l’obligation de facturer électroniquement les autres professionnels s’applique aux grandes entreprises et aux entreprises de taille intermédiaire dès le 1er septembre 2026, puis aux PME, TPE et micro-entreprises au plus tard le 1er septembre 2027, comme le détaille le site officiel Service Public Entreprendre.

Le champ est donc net : ce sont les opérations réalisées entre entreprises assujetties à la TVA établies en France. Rien dans cette formule ne désigne le propriétaire bailleur qui loue un logement nu — mais rien ne l’en exclut automatiquement non plus. C’est toute la subtilité, et l’objet des lignes qui suivent.

Faut-il s’équiper quand on loue nu ? La réponse tient à deux critères

Non, en principe. Un bailleur particulier qui loue un logement nu à usage d’habitation n’a rien à faire au 1er septembre 2026 : la location nue d’habitation est exonérée de TVA (article 261 D du CGI) et un particulier sans numéro SIREN reste hors du champ de la réforme.

Le premier critère est fiscal. La facturation électronique ne vise que des opérations entrant dans le circuit de la TVA. Or la location nue d’un logement à usage d’habitation est exonérée de TVA en vertu de l’article 261 D du Code général des impôts, avec dispense de facturation : vous n’êtes pas dans une relation de facture électronique avec votre locataire, et vos loyers sont déclarés en revenus fonciers, sans aucun flux à transmettre à l’administration au titre de la réforme.

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Le second critère est administratif. La réforme s’appuie sur un annuaire central qui rattache chaque numéro SIREN à une plateforme de réception. Un bailleur particulier qui perçoit des revenus fonciers n’a pas de numéro SIREN pour sa location : pas de fiche à alimenter, pas de compte à ouvrir. C’est ce double critère — assujettissement à la TVA et immatriculation — qui explique que la réponse soit presque toujours « non » pour la location nue.

Une nuance mérite d’être signalée : si vous exercez par ailleurs une activité immatriculée (micro-entreprise, profession libérale), c’est cette activité qui est concernée par la réforme, pas votre location nue. Les deux situations ne se mélangent pas, et votre SIREN professionnel ne convertit pas vos loyers fonciers en factures électroniques.

Votre quittance de loyer ne devient pas une facture électronique

C’est l’erreur que l’on croise le plus souvent depuis les campagnes d’information de l’été : des propriétaires s’imaginent devoir transformer leurs avis d’échéance et quittances en factures structurées, ou s’abonner à une plateforme « pour être en règle ». La quittance n’est pas une facture au sens de la TVA, et la réforme ne change rien à son régime.

L’article 21 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 reste la règle : le bailleur est tenu de transmettre gratuitement une quittance au locataire qui en fait la demande, elle détaille les sommes versées en distinguant le loyer et les charges, et aucun frais de gestion ne peut être facturé au locataire. Seule modernité, déjà en place : avec l’accord exprès du locataire, la quittance peut être envoyée par voie dématérialisée — un simple e-mail reste parfaitement valable, comme le prévoit le texte.

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Si la dématérialisation vous intéresse au-delà de la quittance, le mouvement est plus large : le bail électronique et la preuve numérique gagnent du terrain dans les documents de la location, sans jamais rendre obligatoire un format électronique pour ce que vous remettez à votre locataire.

Location meublée, local professionnel, SCI : les cas où le bailleur doit vraiment agir

La frontière passe entre la location d’habitation et les locations professionnelles ou commerciales — et il faut d’abord rappeler de quel régime on parle, car les deux ne se confondent pas. La location nue relève des revenus fonciers ; la location meublée relève des BIC. Sur le terrain de la TVA, en revanche, les deux locations d’habitation se rejoignent : elles sont exonérées par l’article 261 D du CGI dès lors qu’elles s’exécutent sans services para-hôteliers.

Premier cas concret : le loueur en meublé. Sa location est exonérée de TVA, donc il n’a ni facture électronique à émettre, ni données à transmettre. Mais comme il exerce une activité immatriculée, il dispose d’un SIREN et reste assujetti à la TVA : la fiche officielle « Facturation électronique : je suis un loueur en meublé » publiée par la DGFiP précise qu’il devra être en mesure de recevoir les factures électroniques de ses fournisseurs à compter du 1er septembre 2026, via une plateforme agréée. Attention au piège de vocabulaire : « assujetti » ne veut pas dire « redevable ». On peut être dans le champ de la réception sans collecter un euro de TVA, et un loueur en franchise en base est concerné au même titre.

Deuxième cas : la location meublée avec services para-hôteliers — au moins trois prestations parmi petit-déjeuner, ménage, fourniture du linge de maison et accueil de la clientèle. Là, la location est soumise à la TVA : facturation électronique vers les professionnels, transmission de données vers l’administration pour les autres clients, au calendrier fixé par la taille de l’exploitation — le 1er septembre 2026 pour les grandes entreprises et ETI, au plus tard le 1er septembre 2027 pour les petites.

Troisième cas : les locations professionnelles. La location de locaux commerciaux ou professionnels équipés est soumise à la TVA de plein droit ; la location de bureaux, d’espaces de travail ou d’entrepôts peut l’être sur option. Le bailleur qui détient ce type de bien, souvent via une SCI assujettie, est pleinement concerné, à la fois pour l’émission et pour la réception.

Ce que coûte un manquement quand on est réellement concerné

Si vous êtes dans l’un des cas précédents, autant mesurer l’enjeu. La loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, article 123) a durci le barème : une facture émise hors du circuit électronique ou dans un format non conforme expose à une amende de 50 € par facture, plafonnée à 15 000 € par an (article 1737 du CGI). Chaque transmission de données manquante vers l’administration coûte 500 € (article 1788 D du CGI).

Le manquement le plus immédiat concerne la réception. Un bailleur assujetti qui n’a désigné aucune plateforme s’expose, après mise en demeure, à une amende de 500 €, puis à 1 000 € supplémentaires tous les trois mois tant que la situation n’est pas régularisée. Pour un loueur en meublé qui laisse courir un an, l’addition peut ainsi atteindre 4 500 € — sans compter le coût d’une plateforme finalement souscrite dans l’urgence.

Deux tempéraments importants, car aucune sanction n’est automatique. D’abord, le barème prévoit une exonération pour la première infraction réparée spontanément ou dans les 30 jours suivant une demande de l’administration. Ensuite, la DGFiP a publié à l’été 2026 un guide pratique de démarrage annonçant qu’aucune sanction ne sera appliquée pendant la phase de lancement aux entreprises engagées dans une trajectoire sérieuse de mise en conformité — ce qui n’est ni un report ni une dispense, et ne protège pas l’inertie durable.

Factures de charges et de travaux : gardez vos justificatifs comme avant

Autre source d’inquiétude entendue cet été : « mes fournisseurs ne pourront plus m’envoyer leurs factures par e-mail ? ». Pour un bailleur particulier en location nue, non. L’obligation de réception pèse sur l’assujetti immatriculé ; votre syndic, votre assureur ou votre artisan continuera de vous adresser ses factures comme il l’a toujours fait, et vous pourrez continuer à les payer et à les comptabiliser.

Vos réflexes de gestion, eux, gardent toute leur importance. Les factures de syndic, d’assurance ou de travaux servent à la régularisation annuelle des charges (article 23 de la loi de 1989), au régime réel foncier si vous l’avez choisi, et à la justification de tout remboursement au locataire. C’est la même logique documentaire qui court de la signature du bail jusqu’à la restitution du dépôt de garantie : de l’état des lieux d’entrée aux factures de remise en état, chaque justificatif se conserve précieusement.

La réforme ne vous demande donc qu’une chose de ce côté-là : rien. Ne supprimez pas votre classement de factures pour un dispositif qui ne vous concerne pas, et ne payez pas un abonnement que la loi ne vous impose pas.

Comment trancher votre situation en dix minutes, sans intermédiaire

Le diagnostic tient en trois questions, que vous pouvez mener seul. Première question : votre activité locative est-elle immatriculée, autrement dit disposez-vous d’un SIREN à son nom ? Un particulier en revenus fonciers n’en a pas ; un loueur en meublé en déclare un au guichet unique de l’INPI dans les quinze jours suivant le début de son activité. Deuxième question : vos loyers sont-ils soumis à la TVA — para-hôtellerie, local commercial ou professionnel équipé, option TVA sur des bureaux ou un entrepôt ? Troisième question : détenez-vous le bien via une SCI assujettie ?

Si les trois réponses sont négatives, votre dossier est clos : aucune démarche à faire au 1er septembre 2026. Si une réponse est positive, la suite est simple : choisir une plateforme sur la liste officielle des plateformes agréées publiée sur impots.gouv.fr et y ouvrir votre espace de réception avant l’échéance. Selon une estimation du site PAP relayée fin juillet 2026, les abonnements s’échelonneraient de 10 à 80 € par mois, auxquels s’ajouteraient 0,30 à 1,50 € par facture — de quoi arbitrer sans pression. Un numéro national d’assistance (0 806 807 807) répond aux questions résiduelles.

En cas de doute sur un cas limite — une para-hôtellerie dont vous ne savez pas si elle compte trois ou quatre des services visés, une SCI à l’impôt sur les sociétés — un point avec l’ADIL la plus proche ou avec votre expert-comptable vaut mieux qu’une décision à l’estime. C’est l’un des rares cas où la question ne se règle pas seul en dix minutes.

Ce qu’il faut retenir avant le 1er septembre 2026

Entre l’évolution du congé pour habiter et la facturation électronique, l’actualité immobilière donne le sentiment que tout change pour le bailleur. Sur ce sujet précis, la réponse est rassurante et tranchée : la location nue d’habitation est exonérée de TVA, la quittance reste une quittance, et un particulier sans SIREN n’a ni plateforme à choisir, ni données à transmettre.

Les exceptions sont identifiées : loueur en meublé immatriculé (réception dès septembre 2026), locations avec services para-hôteliers, locaux professionnels avec TVA, SCI assujettie — émission et transmission de données selon la taille. Si vous êtes dans l’un de ces cas, dites-vous que la plateforme se choisit en une heure, bien moins cher que le barème de la loi de finances 2026 si vous laissez la situation courir.

Gérer seul, c’est précisément savoir trier ce qui vous concerne de ce qui ne vous concerne pas. Sur cette réforme, l’information officielle est claire et accessible : trois questions suffisent à conclure, et ne rien acheter, ne rien installer, est la bonne décision dans l’immense majorité des cas de location nue.

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