Évolution du marché de la location étudiante à l’ère post-Covid

La Covid a-t-elle impacté l’évolution du marché de la location étudiante ? Quels sont les changements majeurs qui ont été observés ? Quelle est en 2024 la demande étudiante en termes de location ?

La crise sanitaire de 2020 a provoqué de nombreux changements dans la société. Tous les domaines d’activité ou presque ont été touchés par le phénomène. Les mesures de confinement, inédites par leur ampleur, ont provoqué bien des changements dans la vie de tous les jours, mais aussi dans les mentalités. Quant à l’économie, bien que maintenue quoi qu’il en coûte, son évolution a provoqué beaucoup de questionnements chez les décideurs.

Covid-19 : quel impact sur l’immobilier ?

Au-delà du fait qu’une pandémie à l’échelle mondiale n’est plus de l’ordre de la science-fiction, la crise de la Covid-19 a fait prendre conscience que de nombreuses activités, grâce au télétravail, peuvent être pratiquées à distance. Le monde étudiant a été l’un des acteurs majeurs de cette évolution grâce à la création, quasiment spontanée, de cours en distanciel avec les outils de communication jusqu’alors sous-utilisés.

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Le monde de l’immobilier a également connu de sérieuses secousses. Les périodes de confinement ont fait réfléchir les occupants sur le sens de leur habitat. Les recherches de locations sont désormais orientées sur un logement adapté à une éventuelle nouvelle nécessité de confinement : des logements plus grands pour les familles, la nécessité d’une terrasse ou d’un balcon qui permet de profiter pleinement de l’extérieur, des chambres individuelles, etc.

Comment la location étudiante a-t-elle traversé la crise ?

La location étudiante a vécu, quant à elle, un phénomène qui lui est propre. Lorsque les cours ont été donnés en distanciel, de nombreux étudiants ont quitté leur logement pour retourner chez leurs parents. Environ 60% des logements occupés par un étudiant ont vu leur locataire quitter les murs bien avant l’échéance.

Les restrictions ont en outre fortement diminué les stages et les contrats d’apprentissage, ce qui a amplifié les désistements en termes de locations étudiantes.

Quels changements sur la location étudiante après la Covid-19 ?

En 2021, première rentrée post-confinements, le nombre de demandes de locations étudiantes a baissé de 17% par rapport à la période d’avant la Covid-19.

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Les recherches de logement ont également évolué. Les étudiants ont prioritairement recherché des appartements plus espacés, avec une chambre séparée. Les colocations font aussi partie des recherches privilégiées. Les étudiants ne veulent plus être seuls en période de confinement. Ils veulent partager ces moments, surtout lorsqu’ils sont sources d’inquiétude.

Sur le plan géographique, l’un des effets les plus notables de la crise de la Covid-19 sur le logement étudiant est la baisse de recherche d’un logement en région parisienne. Si l’Ile-de-France constituait 13% des recherches avant la crise sanitaire, le chiffre est passé à 9% à partir de 2021. Dans le même temps, des hausses significatives ont été observées à Nantes, Bordeaux ou Rouen.

La crise de la Covid-19 aurait-elle fait réfléchir sur l’opportunité d’éviter les très grandes villes, là où la densité de population y est importante, tout comme les risques de contamination ? Toujours est-il que l’étudiant post-Covid privilégie désormais les villes de province. Par conséquent, le montant moyen du loyer en région parisienne a donc quelque peu baissé, même s’il reste le plus élevé du pays.

Quelles sont les recherches privilégiées par l’étudiant post-Covid ?

Les propriétaires de logements destinés à la location étudiante doivent désormais tenir compte de l’évolution des demandes. L’étudiant recherche désormais un logement plus spacieux, notamment en colocation, et doté de très bons outils de connexion afin de pouvoir suivre les cours à distance. L’espace de travail de l’étudiant doit être optimisé dans le sens de l’efficience et du confort.

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Le bail mobilité, largement utilisé dans le monde étudiant, peut encore progresser avec le souvenir de la pandémie. Il s’agit d’un bail flexible auquel il est possible de mettre fin sans formalités excessives. En cas de nouvelle crise, les étudiants suivront les cours en distanciel, ce qui permettra à la plupart d’entre eux de quitter le logement et de retourner chez leur parents.

Pour les résidences étudiantes, l’exigence sera plus forte en termes de santé et de sécurité. L’étudiant locataire demandera le renforcement des mesures hygiéniques notamment dans les parties communes. Il veillera également à ce que la distanciation sociale puisse être pratiquée. L’accès aux soins d’urgence fera également l’objet d’une attention plus soutenue que naguère.

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