Est-ce que je peux faire visiter mon logement à un candidat locataire si l’actuel locataire est encore à l’intérieur ?

Votre actuel locataire doit partir dans quelques semaines et vous souhaitez faire visiter votre logement à des candidats à la location. Sachez que le locataire en partance dispose de droits que vous devrez respecter sous peine d’être sanctionné par la justice. Pour vous éviter cette situation nous abordons dans ce dossier tous les droits dont votre locataire et vous-même disposez pour faire visiter votre bien.

Lorsque la fin du bail approche, il vous faut trouver le futur occupant des lieux. Les propriétaires appréhendent souvent cette étape car il est souvent difficile de trouver la bonne personne. Pour vous aider dans votre recherche et votre choix de locataire nous vous avons rédigé deux dossiers spéciaux : “Quelles solutions existent pour trouver un locataire pour mon bien ?” et “Vérifier le dossier de mes locataires potentiels : vrais ou faux documents”.

Vous disposez généralement d’un délai compris entre un et six mois pour trouver votre futur locataire avant la fin du bail actuel. Ce délai dépendra du type de bail que vous aurez choisi :

  • Le bail nu : si le bail est rompu à votre initiative, le préavis est de six mois, tandis qu’il n’est que de trois mois si cette fin de bail résulte d’une volonté du locataire ;
  • Le bail meublé : le préavis est d’un mois si le locataire est à l’initiative de la rupture du bail et de 3 mois si elle est à votre initiative.

Pendant ce laps de temps où le locataire en partance habite toujours dans les lieux, il vous faut organiser des visites du logement afin de trouver rapidement votre nouveau locataire et ainsi conserver vos revenus perçus pendant la location.

Cependant le locataire en partance et vous-même disposez de droits que chacune des parties doit respecter. Pour ne pas vous retrouver dans une situation d’illégalité nous vous détaillons les droits dont dispose chaque partie.

Le locataire en partance dispose de droits que le propriétaire doit respecter pour faire visiter

Vous ne pouvez, en aucun cas, pénétrer dans votre logement, sauf si le locataire vous en a expressément donné l’autorisation. Il est chez lui, jusqu’à la fin de son bail, avec tous les droits attachés. Vous ne pouvez empiéter sur son intimité sous prétexte qu’il ne sera bientôt plus votre locataire. Son droit à « la jouissance paisible du bien » est acquis jusqu’à la fin de son bail

Avant de vous appuyer sur les textes de loi encadrant les visites du logement pour relouer, une bonne relation entretenue avec votre locataire peut considérablement faciliter les choses. Il suffit de vous entendre avec lui sur des jours et des plages horaires disponibles pour les visites. Vous pouvez même, s’il en est d’accord – et seulement dans ce cas – organiser des visites en son absence. Il devra alors vous fournir un double des clés… ou vous autoriser à utiliser le vôtre si vous en avez un. Pour plus de sécurité, vous pourrez faire signer à votre locataire une lettre indiquant qu’il vous a autorisé à faire visiter le logement en son absence comme nous l’indiquons dans notre vidéo ci-dessous.

Attention : ne laissez jamais seul dans une pièce un candidat à la location afin d’éviter tout risque de vol dont le locataire pourrait vous tenir responsable.

La loi érige des règles précises concernant le droit de visite du bailleur

Si la relation que vous entretenez avec votre locataire n’est pas au beau fixe, vous pouvez lui rappeler la loi : tout bailleur a le droit de faire visiter son logement, lorsqu’il doit rechercher un nouveau locataire, et ce, même si le locataire partant est toujours à l’intérieur… et même si ce dernier n’est pas d’accord.

Ainsi, la loi de 1989 (liées aux locations nues) autorise le propriétaire à faire visiter son logement les jours ouvrables (tous les jours de la semaine, sauf les dimanches et jours fériés), pendant un laps de temps de deux heures maximum par jour. La loi ne donne pas de précisions sur ces deux heures, qui sont à la libre convenance des parties. Elle indique simplement que le créneau horaire choisi doit être raisonnable. Le soir, entre 18h et 20h peut, par exemple, représenter ce créneau raisonnable. En tout état de cause, à vous de vous mettre d’accord avec votre locataire sur ces plages horaires de visite.

Une indication de celles-ci dans votre bail nu ou meublé est fortement recommandée afin d’éviter tout conflit, justement, dans une telle situation. La Cour de Cassation a, en effet, déjà noté qu’ouvrir sa porte n’est obligatoire que si le contrat de location l’a prévu.

Attention : toute clause vous accordant un droit de visite de plus de deux heures par jour est illégale.

Si le locataire refuse ces visites, malgré la loi qui vous y autorise, il vous sera alors interdit de pénétrer dans le logement. Si vous vous y risquez, vous pouvez être condamné pour violation de domicile, délit puni d’une amende de 15.000 € et d’un an d’emprisonnement par le Code pénal (article 226-4 du Code pénal).

Mais vous pouvez en cas de refus de votre locataire, lui envoyer un courrier (en recommandé avec accusé de réception) pour lui rappeler la loi et lui demander le respect de celle-ci. Sans réponse de sa part vous pourrez alors engager des poursuites judiciaires. Elles ne vous permettront néanmoins pas de pénétrer dans les lieux avant la fin du contrat de location étant donnée la durée de traitement de ce type de dossier qui est souvent très longue. En revanche, elles vous permettront de réclamer des dommages et intérêts auprès du Tribunal d’instance au titre du préjudice subi dû au retard pris dans la relocation de votre bien. Ainsi, vous pourrez réclamer le remboursement des mois de vacance locative, forts dommageables pour le rendement. Au juge de décider alors s’il vous accorde ou pas cette contrepartie.

Attention : lorsque le bail prend fin, la première source de conflit qui oppose le propriétaire à son locataire est la restitution du dépôt de garantie. Nous évoquons d’ailleurs ce sujet dans notre actualité : “Le dépôt de garantie, première source de conflit entre bailleurs et locataires”.

À noter : aucune règle ne régit, pour la location meublée, les besoins de visites du bailleur pour relocation. Un accord doit être trouvé entre les parties. Toutefois, les us et coutumes veulent que les bailleurs de locations meublées appliquent les mêmes principes que ceux concernant les locations nues.

Un locataire vous a t-il déjà refusé un droit de visite ? Si oui, quelles solutions avez-vous trouvées ? N’hésitez pas à partager votre expérience dans les commentaires.

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