« Les bailleurs doivent pouvoir aller jusqu’à l’expulsion », assure la ministre déléguée au Logement

Les associations n’auront pas gain de cause ! Emmanuelle Wargon a clairement indiqué cette semaine, au micro d’Europe 1, que les propriétaires continueraient à avoir le droit d’expulser leurs locataires défaillants, en cette période de crise sanitaire.

L’interdiction des expulsions pour loyer impayé, réclamée depuis le début de la crise sanitaire par plusieurs associations, ne sera pas mise en place.

La ministre déléguée au Logement s’est montrée claire, lors d’un entretien accordé à Europe 1, le 11 août dernier, et relaté par Boursorama : « les propriétaires doivent pouvoir aller jusqu’à l’expulsion » a-t-elle ainsi déclaré.

Une nouvelle rassurante pour les bailleurs aux prises avec des locataires en cessation de paiement de leur loyer. Certes, les difficultés de certains sont effectivement dues à une réelle chute de revenus, dans ce contexte économique délicat. Dans ce cas, les exemples sont nombreux de bailleurs conciliants qui ont passé des accords pour échelonner la dette. Mais certains étant eux-mêmes en difficulté, ils n’ont pas tous été aptes à accorder des délais de paiement.

Mais il faut reconnaître que les arrêts de paiement du loyer ne sont pas tous liés à un réel souci financier. La ministre déléguée l’a d’ailleurs reconnu ! « Interdire les expulsions est une hypothèse que je rejette, a-t-elle précisé, car il y a des cas dans lesquels les propriétaires doivent pouvoir aller jusqu’à l’expulsion. Des locataires refusent de payer car ils ne sont pas de bonne foi ; des propriétaires ont parfois besoin de récupérer leur appartement pour y vivre. » 

Une reconnaissance bienvenue – et rare ! – d’un membre du gouvernement sur la vie réelle d’une location. Certaines expulsions sont largement justifiées… Par ailleurs, pour celles concernant des locataires subissant de vrais problèmes financiers, ce n’est pas aux bailleurs de prendre en charge ces soucis, mais aux Pouvoirs Publics. Emmanuelle Wargon l’a reconnu aussi : « en cas d’impossibilité à expulser, il faut indemniser les propriétaires à chaque fois. »

Sa conclusion est sage : « on ne peut pas bloquer les expulsions, sinon les propriétaires refuseront de louer. Finalement on participerait à la pénurie de logements locatifs. » Bien dit !

Cette récente déclaration relève-t-elle d’un revirement d’attitude des Pouvoirs Publics ? Annule-t-elle celle de Julien Denormandie, en juillet dernier, concernant l’interdiction d’expulsion sans relogement ? A suivre !

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