Location meublée : charges forfaitaires ou réelles ?

En location meublée, vous avez le choix entre un forfait de charges et la provision sur charges, qui va néanmoins vous imposer de régulariser les charges une fois par an. Mais quelle est la meilleure solution entre les charges forfaitaires et les charges réelles ? Réponse dans notre dossier.

 

Contrairement à la location nue qui, sauf exception (colocation par ex.), impose une refacturation au locataire des charges réelles, la location meublée laisse au bailleur la possibilité de choisir le mode de facturation des charges récupérables auprès de son locataire.

Comment choisir entre les charges réelles et les charges forfaitaires ?

Étape n°1 : avoir une idée précise des charges locatives

Que les charges locatives soient fixées forfaitairement ou au réel, il vous faut d’abord calculer le montant global des charges que vous avez le droit de vous faire rembourser par votre locataire. Nous vous détaillons la marche à suivre dans notre dossier : « Comment fixer le montant des charges locatives ? ».

Première mission, donc : déterminer avec précision les charges annuelles globales liées à votre bien locatif et établir parmi celles-ci, les charges locatives récupérables auprès de votre locataire (voir la liste des charges récupérables).

Étape n°2 : calculer l’appel de charges réelles  

Si vous choisissez l’option des charges réelles (de la provision pour charges), il vous faut procéder à un appel de charges mensuel, à payer par votre locataire en même temps que son loyer.

Le montant de la provision pour charges doit correspondre à une réalité. En tout état de cause, surévaluer le montant de ces charges ne servira qu’à vous faire gagner du temps car il vous faudra rembourser le surplus au moment de la régularisation des charges locatives.

Étape n°2 bis : calculer le montant des charges forfaitaires

Les charges forfaitaires sont déterminées une fois pour toute en début d’année et ne peuvent plus évoluer, ni à la hausse ni à la baisse.

Cela signifie qu’en tant que bailleur, même si vous vous rendez compte, au moment du décompte annuel final, que vous avez sous-estimé la part du locataire, vous ne pouvez plus rien réclamer à ce dernier. De son côté, le locataire ne peut pas non plus estimer qu’il a trop payé et vous réclamer une rétrocession.

Il s’agit donc de ne pas faire d’erreur lors du calcul initial. Prenez comme base les relevés de charges des 3 années précédentes et établissez le montant prévisible pour l’année à venir.

A noter tout de même que ce forfait peut être, chaque année, indexé sur le loyer (qui peut légalement être augmenté en fonction de l’IRL), à condition que le contrat de location en fasse mention. Il ne faut donc pas oublier d’insérer une clause vous offrant la possibilité d’augmenter le montant des charges forfaitaires.

A l’inverse, attention à ne pas surestimer le montant de ces charges locatives ou à les « gonfler » par rapport au loyer en pensant que réduire le loyer abaissera aussi vos revenus fonciers imposables (hors charges). L’administration fiscale veille et peut détecter des équilibres disproportionnés.

Les locataires aussi veillent et peuvent se retourner contre leur bailleur s’ils estiment que le montant des charges locatives a été exagéré, en demandant un remboursement.

Comme le dit clairement la loi ALUR, le montant des charges forfaitaires « ne doit pas être manifestement disproportionné au regard des charges dont le locataire ou, le cas échéant, le précédent locataire se serait acquitté ».

Charges forfaitaires ou réelles : quelle est la meilleure formule ?

Les charges forfaitaires sont évidemment plus simples à gérer puisqu’à part le travail initial de détermination de leur montant, vous n’avez plus rien à faire ensuite. Chaque mois, vous encaissez, avec le loyer, une partie des charges locatives, toujours identique.

De même, lors du départ du locataire, un paiement des charges forfaitaires permet de stopper la relation, sans avoir (comme dans le cadre de charges au réel) à renouer contact, plusieurs mois plus tard, lors de la régularisation des charges locatives.

Réclamer une somme d’argent à son ancien locataire parti éventuellement très loin n’est pas toujours facile, comme nous l’évoquons dans notre dossier : « Régularisation des charges : mon locataire ne veut pas payer le complément qu’il me doit, que faire ? ».

En même temps, le risque est réel de mal évaluer les charges locatives et de se retrouver à payer à la place du locataire plus qu’il ne faut, impactant négativement le rendement. La consommation d’eau, par exemple, est souvent source de conflit. Si vous sous-estimez la consommation de votre locataire, vous en serez pour vos frais car les charges forfaitaires ne pouvant jamais être régularisées.

Si les charges locatives augmentent trop et qu’elles deviennent manifestement sous-évaluées dans le forfait, le rendement de votre investissement en sera impacté. Bonne raison de ne pas se tromper dans le montant forfaitaire : celui-ci s’applique pendant toute la vie du bail. Impossible de le modifier.

A vous de voir, donc, si vous préférez la simplicité de gestion ou l’assurance de ne pas devoir payer certaines charges locatives à la place de votre locataire pour optimiser le rendement de votre bien locatif.

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