Différence entre location saisonnière et meublé de tourisme : ce qu’il faut savoir

La location de courte durée attire de nombreux propriétaires souhaitant rentabiliser un bien immobilier, qu’il s’agisse d’une résidence principale ou secondaire. Deux notions reviennent très souvent : location saisonnière et meublé de tourisme.

Si elles sont régulièrement utilisées comme des synonymes, ces deux formes de location ne recouvrent pas exactement les mêmes réalités juridiques, administratives et fiscales.

Comprendre la différence entre location saisonnière et meublé de tourisme est essentiel avant de se lancer. Le choix du statut a un impact direct sur la durée de location autorisée, les obligations déclaratives, la réglementation locale, mais aussi sur la fiscalité applicable aux revenus perçus.

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Pourquoi louer un logement meublé pour les vacances ?

La location de logements meublés pour de courts séjours répond à une demande croissante des voyageurs, qui recherchent davantage de flexibilité, d’autonomie et de confort qu’à l’hôtel. Les locataires bénéficient d’un logement entièrement équipé, souvent plus spacieux, avec la possibilité de cuisiner et de profiter d’un cadre plus personnel.

Pour le propriétaire, louer pendant les périodes de vacances permet de générer des revenus complémentaires tout en conservant la possibilité d’occuper le logement une partie de l’année. Cette formule offre aussi une grande souplesse : le bien peut être loué quelques jours, quelques semaines ou plusieurs mois selon le cadre choisi.

Avant de se lancer, le bailleur doit toutefois choisir entre deux régimes distincts :

  • la location saisonnière, plus souple mais souvent plus encadrée localement ;
  • le meublé de tourisme, qui repose sur un statut juridique spécifique et, dans certains cas, un classement officiel.

Ce choix conditionne l’ensemble des règles applicables à la mise en location du logement.

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Les caractéristiques communes de la location saisonnière et du meublé de tourisme

La location saisonnière et le meublé de tourisme présentent de nombreux points communs. Dans les deux cas, il s’agit de la mise à disposition d’un logement entièrement meublé pour une occupation temporaire. Le locataire ne peut pas y établir sa résidence principale et y séjourne uniquement pour des vacances, un déplacement professionnel ou un séjour de courte durée.

Ces logements peuvent prendre différentes formes : appartement, maison, villa, chalet ou studio. Ils doivent être équipés de manière suffisante pour permettre une occupation immédiate, sans que le locataire ait à apporter du mobilier ou des équipements essentiels.

Autre point commun : le propriétaire peut louer aussi bien une résidence principale qu’une résidence secondaire, sous réserve de respecter la réglementation locale. La gestion du logement peut être assurée directement par le bailleur ou confiée à un intermédiaire. Dans tous les cas, le propriétaire reste responsable du respect des règles applicables à son type de location.

Enfin, que l’on parle de location saisonnière ou de meublé de tourisme, les revenus générés relèvent de la location meublée et sont imposés dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), avec des régimes fiscaux distincts selon le statut retenu.

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Durée de location : courte durée ou location étendue selon le statut

La première différence majeure entre location saisonnière et meublé de tourisme concerne la durée de location autorisée.

La location saisonnière est strictement encadrée lorsque le logement constitue la résidence principale du propriétaire. Dans ce cas, la loi limite la mise en location à 120 jours par an maximum. Au-delà, le bailleur s’expose à des sanctions administratives. Le logement ne peut pas non plus être loué à un même locataire plus de 90 jours consécutifs.

Le meublé de tourisme obéit à des règles plus souples lorsque le bien est déclaré comme résidence secondaire. Il peut alors être loué toute l’année, sans limitation du nombre de nuitées, sous réserve des règles locales. En revanche, lorsqu’il s’agit d’une résidence principale, le meublé de tourisme est soumis aux mêmes limites que la location saisonnière, notamment le plafond de 120 jours par an.

Ce critère de durée est déterminant pour les propriétaires souhaitant louer fréquemment leur bien ou, au contraire, conserver une grande liberté d’occupation personnelle.

 

Mobilité des locataires : séjours courts ou occupation plus longue

La mobilité des locataires constitue une autre différence notable entre location saisonnière et meublé de tourisme.

Dans le cadre d’une location saisonnière, les séjours sont en général courts et très fréquents. Les voyageurs louent pour quelques nuits ou quelques semaines, souvent pendant les périodes de vacances scolaires ou touristiques. Cette rotation rapide implique une gestion plus intensive pour le propriétaire : remise des clés, états des lieux fréquents, ménage entre chaque séjour et suivi constant des réservations.

À l’inverse, le meublé de tourisme peut accueillir des locataires sur des durées plus longues, notamment lorsque le logement est proposé toute l’année. Les séjours sont souvent plus étendus, ce qui limite le nombre de changements de locataires et offre une gestion plus stable. Cette différence de rythme a un impact direct sur l’organisation du bailleur et sur le temps à consacrer à la gestion du bien.

Réglementation applicable : cadre général ou statut spécifique

La réglementation constitue l’un des écarts les plus importants entre les deux modes de location.

La location saisonnière repose sur un cadre juridique relativement général. Elle est soumise aux règles locales mises en place par les communes, notamment dans les zones tendues : déclaration en mairie, numéro d’enregistrement, autorisation de changement d’usage dans certaines villes. Les obligations varient fortement d’un territoire à l’autre.

Le meublé de tourisme, en revanche, correspond à un statut juridique précis. Le logement doit être déclaré comme tel auprès de la mairie, et répondre à des critères définis en matière d’équipements, de confort et de sécurité. Certaines communes exigent également une autorisation spécifique avant toute mise en location.

Cette réglementation plus détaillée vise à garantir un niveau de prestation homogène pour les voyageurs. En contrepartie, elle impose davantage de démarches administratives au propriétaire, notamment lors de la création ou de la modification du statut du bien.

Le classement en meublé de tourisme : une spécificité importante

Le classement en meublé de tourisme constitue une différence essentielle entre les deux modes de location.

Seuls les logements déclarés comme meublés de tourisme peuvent demander ce classement officiel. La location saisonnière, en revanche, n’y est pas éligible.

Le classement n’est pas obligatoire, mais il est fortement recommandé. Il permet d’évaluer le niveau de confort, d’équipements et de services proposés au locataire. Le logement est classé de 1 à 5 étoiles à l’issue d’une visite réalisée par un organisme accrédité. L’évaluation porte notamment sur :

  • les équipements intérieurs,
  • l’accessibilité et la sécurité,
  • les services proposés aux occupants,
  • certains critères liés au développement durable.

Ce classement constitue un gage de qualité pour les voyageurs et améliore la visibilité du logement. Il rassure également les locataires sur le niveau de prestations offertes, ce qui peut favoriser des réservations plus longues ou mieux valorisées.

Différences fiscales entre location saisonnière et meublé de tourisme

Sur le plan fiscal, la distinction est déterminante pour le propriétaire.

Dans les deux cas, les revenus sont imposés dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), mais les modalités diffèrent.

La location saisonnière non classée bénéficie du régime micro-BIC classique, avec un abattement forfaitaire moins avantageux. Le propriétaire peut également opter pour le régime réel s’il souhaite déduire ses charges réelles (travaux, frais de gestion, intérêts d’emprunt).

Le meublé de tourisme classé ouvre droit à un abattement fiscal renforcé, bien plus élevé que celui applicable à une location saisonnière non classée. Cet avantage fiscal constitue l’un des principaux attraits du statut, notamment pour les biens générant des revenus importants.

En contrepartie, l’accès à ce régime suppose de respecter l’ensemble des obligations liées au classement, ce qui implique des démarches, un coût initial et des contrôles réguliers.

Avantages et inconvénients de chaque option

La location saisonnière séduit par sa flexibilité. Le propriétaire choisit librement les périodes de mise en location et peut ajuster les tarifs selon la demande. Les revenus potentiels peuvent être élevés en haute saison. En contrepartie, la gestion est plus intensive : rotations fréquentes, ménage, remise des clés, et revenus variables avec des périodes creuses possibles.

Le meublé de tourisme, surtout lorsqu’il est classé, offre une meilleure lisibilité réglementaire et une attractivité accrue pour les voyageurs grâce au classement. Les séjours sont souvent plus longs, ce qui apporte une stabilité des revenus et une gestion moins chronophage. En revanche, l’accès au statut peut être plus contraignant : démarches administratives, coûts de classement, exigences d’équipements et contrôles périodiques.

En résumé, la location saisonnière privilégie la souplesse et le rendement à court terme, tandis que le meublé de tourisme mise sur la conformité, la visibilité et une fiscalité optimisée pour les biens bien équipés.

Comment choisir entre location saisonnière et meublé de tourisme ?

Le choix dépend avant tout des objectifs du propriétaire et des contraintes locales.

  • Objectifs : maximiser les revenus sur des périodes ciblées, ou sécuriser des revenus plus réguliers avec une gestion allégée.
  • Réglementation locale : certaines communes imposent des déclarations, des autorisations ou des plafonds de nuitées qui orientent le choix du statut.
  • Temps et organisation : la location saisonnière exige une disponibilité accrue ; le meublé de tourisme classé demande surtout un effort initial de conformité.
  • Fiscalité : pour des recettes élevées, le classement en meublé de tourisme peut s’avérer plus avantageux ; pour des locations ponctuelles, la saisonnière peut suffire.

En pratique, il est pertinent d’arbitrer entre souplesse, rentabilité, simplicité administrative et stabilité afin d’opter pour le statut le plus adapté au bien et à la situation du bailleur.

 

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