Le logement : une priorité électorale

Le logement : une priorité électorale

Les candidats, François Hollande, François Bayrou, Eva Joly et Jean-Luc Mélenchon conviés, début février, à l’appel de la fondation Abbé Pierre ont apposé leur signature au « Contrat social pour une nouvelle politique du logement », rédigé à l’occasion du 17ème rapport annuel sur le mal-logement. Parmi les engagements forts que prévoit l’accord pour pallier la pénurie de logements, la création de 500 000 logements par an, dont 150 000 sociaux, la baisse et un encadrement des loyers.

Augmentation des logements sociaux

Au-delà de ce consensus, les prétendants à la présidentielle se sont emparés du sujet et les annonces de mesures se multiplient. Tous les candidats, sauf Marine Le Pen, souhaitent augmenter le nombre de logements sociaux. Pour Nicolas Sarkozy, ils seront exclusivement réservés aux zones en carence et l’accession sociale devra être intégrée dans les chiffres. A gauche, François Hollande, Jean-Luc Mélenchon et Eva Joly se rejoignent sur l’augmentation du taux minimum de logements sociaux dans les communes (SRU, loi de solidarité et renouvellement urbain) en passant de 20 à 25 % pour les premiers et à 30% pour la candidate des Verts. Concernant les amendes prévues pour les municipalités non respectueuses de la loi, François Hollande souhaite les multiplier par cinq et Jean-Luc Mélenchon par dix.

Construction contre pénurie

Si 600 000 logements ont été construits sous la présidence de Nicolas Sarkozy, la pénurie persiste en France. Pour faire face, à gauche comme à droite, des projets de construction sont prévus. Nicolas Sarkozy, François Hollande et François Bayrou proposent de débloquer des terrains appartenant à l’Etat notamment pour les mettre en vente pour le candidat UMP. Ce dernier souhaite par ailleurs élever les droits à construire de 30 % en accord avec les communes. Le candidat du PS qui promet 2,5 millions de nouveaux habitats intermédiaires, sociaux et étudiants s’engage à donner des terrains aux collectivités locales qui devront construire dans les 5 ans. Quant à Marine Le Pen, elle se distingue en prônant la destruction des cités construites dans les années 50 à 70, qu’elle juge peu esthétiques.

Loyers et expulsions

Le marché locatif et notamment le contrôle des loyers reste un point de discorde entre les candidats. François Hollande opte pour un encadrement des loyers à la location, tandis que Nicolas Sarkozy est défavorable à tout contrôle. Il en est de même pour François Bayrou qui nuance avec la mise en place d’un « observatoire des loyers » pour donner aux locataires une idée des prix moyens en fonction des zones.

Concernant les expulsions auxquelles est fervemment opposé Jean-Luc Mélenchon, elles devront être conditionnées par une obligation de relogement pour François Hollande et Eva Joly. A droite, on s’oriente davantage vers des mesures préventives : Nicolas Sarkozy propose un nouveau bail avec réduction des délais de préavis et d’expulsion contre des loyers plus faibles. Pour le président du Modem, les risques d’impayés seront garantis par une mutuelle d’initiatives publique.

 

Laurent Teisserenc – © Gererseul.com

 

 

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