Aller au contenu

Fiscalité

CFE LMNP : montant, exonérations et obligations du loueur en meublé

Vous louez un logement meublé ? Vous êtes peut-être redevable de la cotisation foncière des entreprises. Seuil de 5 000 €, année de démarrage, base minimum votée par la commune, avis dans l’espace professionnel et échéance du 15 décembre : voici comment payer le juste montant, ou vérifier que vous n’avez rien à payer.

Mis en ligne le Par

CFE LMNP : montant, exonérations et obligations du loueur en meublé

Chaque automne, des loueurs en meublé découvrent qu’un impôt les attend dans un espace en ligne qu’ils n’ont jamais ouvert. La cotisation foncière des entreprises, la CFE, n’est pas réservée aux commerçants : dès que vous louez un logement meublé, l’administration considère que vous exercez une activité non salariée, et cette activité entre dans le champ de la taxe.

Pourtant, beaucoup de propriétaires l’ignorent jusqu’à la première relance, avec majoration à la clé. D’autres paient alors qu’ils en sont exonérés. Seuil de recettes, année de démarrage, base minimum votée par la commune, avis à récupérer avant le 15 décembre : voici ce qu’il faut vérifier pour payer le juste montant. Ni plus, ni moins.

En bref : la CFE est due par le loueur en meublé non professionnel dont les recettes dépassent 5 000 € par an, appréciées deux ans plus tôt. Elle se calcule sur la valeur locative du logement ou, à défaut, sur une base minimum fixée par la commune. L’année de démarrage est exonérée, la suivante voit sa base réduite de moitié.

La CFE s’applique aussi au loueur en meublé non professionnel

Le mot « non professionnel » trompe beaucoup de bailleurs. Il décrit votre statut fiscal au regard de l’impôt sur le revenu, pas la nature de l’activité. Sur le plan fiscal, la location meublée est une activité commerciale : ses recettes relèvent des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), et toute activité de ce type peut être soumise à la CFE, quel que soit le nombre de logements loués.

À lire : Redressement fiscal pour loyer non déclaré : risques, calcul des pénalités et solutions pour se régulariser

C’est d’ailleurs la déclaration de début d’activité LMNP qui fait naître le lien avec l’administration : elle vous attribue un numéro SIRET et vous rattache à un service des impôts des entreprises. À partir de là, vous êtes identifié comme redevable potentiel.

Rien de tel en location nue. Les loyers d’un logement vide sont des revenus fonciers, hors du champ de la CFE. C’est un critère de plus à mettre dans la balance au moment de trancher entre location vide ou meublée : quelques centaines d’euros par an qui ne figurent dans aucune simulation de rendement si vous ne les y mettez pas vous-même.

Le seuil de 5 000 € de recettes se lit avec deux ans de décalage

Le premier réflexe est de regarder vos recettes. En location meublée, la CFE n’est pas due tant que votre chiffre d’affaires annuel ne dépasse pas 5 000 €. Mais attention au piège le plus répandu : ce seuil ne s’apprécie pas sur l’année en cours. Pour la CFE de 2026, ce sont les recettes de 2024 qui comptent, celles de l’avant-dernière année.

Prenons un studio loué 450 € par mois. Sur une année pleine, cela représente 5 400 € de loyers : le seuil est franchi, la CFE est due deux ans plus tard. Le même studio loué 400 € par mois rapporte 4 800 € : pas de CFE pour l’année correspondante. Si vous avez augmenté le loyer ou ajouté un second logement, anticipez : l’effet se fera sentir sur l’avis qui arrivera deux ans après.

À lire : URSSAF et LMNP : quand la déclaration est-elle obligatoire en 2026 ?

Lorsque vous gérez vous-même, tenez donc un relevé annuel de vos recettes encaissées. C’est lui qui vous permettra de contrôler un avis reçu à tort, sans dépendre de personne.

Première année exonérée, deuxième année réduite de moitié

Le démarrage bénéficie d’un régime favorable. L’année de création de l’activité, vous êtes exonéré de CFE jusqu’au 31 décembre, quelle que soit la date du premier bail. L’année suivante, la base d’imposition est réduite de moitié. Le plein tarif ne s’applique qu’à partir de la troisième année civile.

Exemple : premier bail meublé signé en mars 2026Situation au regard de la CFE
2026 (année de création)Exonération jusqu’au 31 décembre
2027 (année suivante)Base d’imposition réduite de moitié
2028 et au-delàBase pleine, si les recettes de l’année N-2 dépassent 5 000 €

Ce calendrier compte dans le calcul de la rentabilité d’un investissement LMNP : les deux premières années sont plus légères, la charge réelle n’apparaît qu’ensuite. Beaucoup de loueurs jugent leur fiscalité sur la première année et sont surpris la troisième.

Comment la commune fixe le montant de votre CFE

La CFE se calcule sur la valeur locative des biens utilisés pour l’activité, c’est-à-dire, pour un loueur en meublé, celle du logement loué. La commune applique ensuite son propre taux. Lorsque cette valeur locative est faible, c’est une base minimum qui s’applique : son montant est choisi par la commune à l’intérieur d’une fourchette fixée par la loi selon le chiffre d’affaires.

À lire : Canicule : quels sont les droits du locataire concernant la climatisation

Pour 2026, les fourchettes publiées sur la fiche CFE de Service-Public sont les suivantes pour les niveaux de recettes les plus courants en location meublée :

Chiffre d’affaires de l’année N-2Base minimum 2026
Jusqu’à 10 000 €De 250 € à 597 €
De 10 001 € à 32 600 €De 250 € à 1 194 €
De 32 601 € à 100 000 €De 250 € à 2 509 €

Attention, ces montants sont des bases, pas des impôts. À titre d’illustration, avec une base minimum fixée à 500 € et un taux communal hypothétique de 30 %, la cotisation avoisinerait 150 €, à laquelle s’ajoutent des frais. Deux logements identiques situés dans deux communes voisines peuvent donc payer des montants très différents : le chiffre avancé par un voisin ou un forum ne vous renseigne pas sur le vôtre.

Les cas où le loueur en meublé échappe à la CFE

Au-delà du seuil de recettes et de l’année de création, l’article 1459 du code général des impôts prévoit des exonérations propres aux loueurs en meublé. Deux s’appliquent de plein droit : la location accidentelle d’une partie de votre habitation personnelle, sans caractère périodique, et la location d’une ou plusieurs pièces de votre résidence principale, à condition qu’elles constituent la résidence principale de votre locataire. Louer une chambre à un étudiant chez vous entre typiquement dans ce second cas.

D’autres exonérations existent sauf délibération contraire de la commune ou de l’intercommunalité : location en meublé de tout ou partie de votre habitation personnelle, ou d’un meublé de tourisme classé compris dans celle-ci. Elles dépendent donc d’une décision locale, à vérifier auprès de votre service des impôts des entreprises.

L’erreur fréquente consiste à se croire concerné alors qu’on loue un appartement distinct à l’année. Un logement indépendant, qui n’est pas votre habitation, reste dans le champ de la CFE dès que les autres conditions sont réunies. L’administration apprécie d’ailleurs strictement la notion de pièce de l’habitation : une chambre dotée de sa propre entrée, de sa cuisine et de ses sanitaires peut être regardée comme un logement autonome.

Où trouver l’avis de CFE et comment le payer avant le 15 décembre

C’est le point qui fait déraper le plus de bailleurs. L’avis de CFE n’arrive pas dans votre boîte aux lettres et ne s’affiche pas dans votre espace particulier : il se consulte uniquement dans l’espace professionnel du site impots.gouv.fr, rubrique « Consulter », puis « Avis C.F.E ». Si vous n’avez jamais créé cet espace, faites-le sans attendre, son activation pouvant prendre un jour ouvré.

Le solde est à régler au plus tard le 15 décembre. Le paiement doit obligatoirement être dématérialisé : prélèvement à l’échéance, prélèvement mensuel ou paiement direct en ligne. Les modalités d’adhésion et leurs dates limites figurent sur la page impots.gouv.fr consacrée au prélèvement de la CFE. Un chèque ou un virement ordinaire vous expose à une majoration.

Côté déclaratif, Service-Public indique que la déclaration initiale n° 1447-C-SD est à déposer avant le 31 décembre de l’année de début d’activité, et la déclaration modificative n° 1447-M-SD avant le 5 mai en cas de changement. Enfin, au régime réel, la CFE est une charge déductible de votre résultat BIC. Au micro-BIC, en revanche, elle ne se déduit pas : l’abattement forfaitaire est réputé couvrir l’ensemble de vos charges.

Avis contestable : les vérifications à faire avant de payer ou de réclamer

Avant de payer votre CFE LMNP, prenez cinq minutes pour relire l’avis. Trois questions suffisent à repérer l’essentiel des erreurs : s’agit-il de votre année de création ou de la suivante ? Vos recettes de l’année N-2 dépassaient-elles vraiment 5 000 € ? Le logement fait-il partie de votre habitation, avec un locataire dont c’est la résidence principale ?

Si l’une des réponses joue en votre faveur, adressez une réclamation au service des impôts des entreprises, depuis la messagerie sécurisée de votre espace professionnel. Joignez vos justificatifs : relevé des recettes, bail, date de début d’activité. Le délai est plus court que pour l’impôt sur le revenu : selon l’article R*196-2 du livre des procédures fiscales, la réclamation doit être présentée au plus tard le 31 décembre de l’année suivant la mise en recouvrement. Une réclamation ne suspend pas, en principe, l’obligation de payer à l’échéance, sauf demande expresse de sursis de paiement.

Questions fréquentes

Je loue un studio meublé 350 € par mois, dois-je payer la CFE ?

Sur une année complète, 350 € mensuels donnent 4 200 € de recettes, sous le seuil de 5 000 €. Pour l’année qui se réfère à ces recettes, soit deux ans plus tard, aucune CFE n’est due. Surveillez toutefois toute hausse de loyer ou tout nouveau logement.

Je n’ai reçu aucun courrier de CFE, suis-je tranquille ?

Pas forcément. L’avis n’est pas envoyé par la poste : il est déposé dans l’espace professionnel du site impots.gouv.fr. Sans cet espace, vous ne le voyez pas, mais l’échéance du 15 décembre court quand même. Créez votre espace professionnel pour vérifier.

Combien coûte la CFE pour un seul appartement meublé ?

Tout dépend de la commune, qui choisit la base minimum dans une fourchette légale puis applique son taux. Pour des recettes inférieures à 10 000 €, la base minimum 2026 va de 250 € à 597 €. La cotisation réelle correspond à cette base multipliée par le taux local.

Peut-on déduire la CFE de ses revenus de location meublée ?

Oui au régime réel, où elle constitue une charge déductible du résultat BIC. Non au micro-BIC : l’abattement forfaitaire appliqué aux recettes est censé couvrir toutes les dépenses, CFE comprise. C’est un élément à intégrer dans le choix entre les deux régimes.

Jusqu’à quand peut-on contester un avis de CFE ?

La réclamation doit parvenir au service des impôts des entreprises au plus tard le 31 décembre de l’année qui suit la mise en recouvrement de l’avis. Pour une CFE mise en recouvrement en 2026, la limite est donc le 31 décembre 2027.

Ce qu’il faut retenir sur la CFE en location meublée

La CFE du loueur en meublé n’a rien d’un piège si on la connaît. Elle ne concerne que la location meublée, s’apprécie sur les recettes d’il y a deux ans, épargne l’année de démarrage et allège la suivante. Son montant dépend d’abord de votre commune, ce qui interdit toute comparaison hâtive.

Le vrai risque est ailleurs : ne pas avoir créé son espace professionnel et laisser passer le 15 décembre 2026. Avec un relevé de recettes tenu à jour, une lecture attentive de l’avis et un prélèvement en place, vous traitez la CFE comme le reste de votre gestion locative : seul, sans frais, et sans mauvaise surprise.

Prendre rendez-vous